Santé hormonale féminine : Vers une prise en charge coordonnée et préventive (de la Ménopause à la DOLA®)
Chères consœurs, Chers confrères, Chers tous, acteurs de santé du Bassin Chambérien (Médecins, Sages-femmes, Pharmaciens, IDEL, Kinésithérapeutes, Diététiciens, Psychologues, Dentistes, Orthophonistes, Audioprothésistes, Opticiens, Pédicures-Podologues),
La santé hormonale des femmes de 40 à 70 ans connaît une mutation profonde. Entre les recommandations de la HAS et les avancées sur la longévité, notre CPTS souhaite promouvoir un cadre de lecture modernisé et inclusif : la DOLA® (Déficience Œstrogénique Liée à l’Âge).
- Le naufrage scientifique de l’étude WHI (2002) : Analyse d’un biais historique
Pour une pratique sereine, il est impératif de déconstruire le « dogme du risque » issu de l’étude américaine WHI. Ses conclusions alarmistes reposaient sur des erreurs méthodologiques majeures : un âge moyen trop avancé (63 ans), des molécules obsolètes et des voies d’administration à risque (passage hépatique par voie orale).
Le Mea Culpa récent de la FDA (10 nov. 2025) valide désormais le « modèle français » (Estradiol transdermique et Progestérone naturelle), reconnaissant qu’une intervention précoce et adaptée assure une protection systémique (os, cœur, cerveau). - Le socle indispensable : L’hygiène de vie avant tout
Il est primordial de rappeler que le THM ne peut suffire à lui seul. Son efficacité et sa sécurité sont intrinsèquement liées à une hygiène de vie rigoureuse. Sans un environnement métabolique sain, le traitement ne peut exprimer ses bénéfices protecteurs : - Nutrition et Sommeil : Indispensables pour limiter l’inflammation systémique et réguler l’insuline.
Activité physique : Seul le mouvement permet aux hormones de protéger efficacement la densité osseuse et la masse musculaire. L’accompagnement thérapeutique doit donc toujours placer la réforme du mode de vie comme prérequis et socle permanent du traitement hormonal. - Valorisation de l’acte : La consultation longue « CGM » à 60 €
L’Assurance Maladie a instauré une consultation de prévention dédiée. L’acte de cotation CGM (Consultation Générale de la Ménopause), valorisé à 60 €, permet désormais aux médecins de consacrer le temps nécessaire à l’information, au dépistage des risques et à l’éducation thérapeutique autour de ce binôme « Hygiène de vie / THM ». - Une vigilance partagée : Le rôle de chaque expertise
La DOLA® est systémique. Chaque professionnel de la CPTS est une sentinelle potentielle :
Médecins Généralistes, Gynécologues et Sages-femmes : Maîtres d’œuvre de la stratégie thérapeutique . Vigilance oncologique : une distinction est nécessaire entre les cancers hormonodépendants ou pas.
Toute prescription après un cancer gynécologique impose un avis oncologique spécialisé ou une décision en RCP.
- Infirmiers (IDEL) : Acteurs majeurs de la vigilance clinique. Sentinelles de proximité pour le repérage des symptômes souvent tus (douleurs, asthénie, humeur) et l’éducation à l’application du traitement (gels/patchs).
- Pharmaciens : Acteurs pivots de l’observance, du conseil galénique et de la sécurité thérapeutique face aux solutions non scientifiques.
- Chirurgiens-Dentistes, Orthophonistes, Audioprothésistes et Opticiens : Vigilance sur les impacts sensoriels (audition, vue), cognitifs (« brain fog ») et bucco-dentaires de la baisse œstrogénique.
- Kinésithérapeutes et Pédicures- Podologues : Protection du capital musculo-squelettique, gestion des douleurs articulaires et promotion du muscle comme organe endocrinien.
- Diététiciens : Pivot métabolique (lipides de qualité, apport protéique contre la sarcopénie).
- Psychologues : Accompagnement de la vulnérabilité neurochimique (anxiété, sommeil, humeur).
Nous comptons sur chacun d’entre vous pour véhiculer ce message d’information. Ensemble, en mariant science hormonale et hygiène de vie, nous permettons aux femmes de notre territoire de redevenir actrices de leur santé.
Notre objectif commun est de transformer cette transition biologique en une opportunité de longévité réussie, pour permettre à chacune de « bien vieillir » en préservant son capital fonctionnel et sa qualité de vie.
Bien confraternellement,
Dans le cadre de sa thèse de médecine générale, une interne à Lyon, mène une étude sur la place du médecin généraliste dans la prescription du traitement hormonal de la ménopause (THM), du point de vue des patientes.
Un questionnaire anonyme et rapide est proposé aux femmes ménopausées, avec ou sans traitement hormonal.
Les professionnels de santé souhaitant relayer cette enquête auprès de leurs patientes peuvent diffuser le lien ou afficher le QR code en salle d’attente. Accéder au questionnaire